Je vous salue Marie, pleine de flammes

Auteur.e: 
Benoît Péricard
Date: 
17/04/2019
Crédit: 
Photo by Priscilla Fraire on Unsplash

 

Voir la cathédrale de Paris en flammes en ce lundi, premier jour de la semaine sainte serre le cœur et l’esprit du parisien, du français, du croyant.

Depuis ma plus tendre enfance, et malgré les crises intenses qui ont émaillé ma vie de catholique, Marie restait mon repère le plus solide. Non la Marie du dogme de l’immaculée conception, ni la Marie instrumentalisée par des Eglises en mal de fidèles, mais celle inquiète de voir son fils d’une douzaine d’années au milieu des sages du Temple ou celle des Noces de Cana, toute de confiance envers son fils, Jésus.

Les bâtisseurs du Moyen Age ont baptisé la plus célèbre des cathédrales du royaume de France du nom de Marie, ou plutôt  de la fonction qu’elle occupe pour les croyants, Notre Dame, soulignant son appartenance à l’humanité entière. Nommer un édifice de pierre du nom de la Mère de Jésus, c’était un acte de foi en leurs solidités respectives.

Mais comment ne pas mettre ce drame en résonance avec la crise majeure qui secoue l’Eglise catholique ?  Cet incendie fait miroir à celui qui dévore l’Eglise, depuis le tsunami de la pédophilie, qu’un ancien pontife décidément peu clairvoyant impute à l’esprit de 68, jusqu’à la terrifiante exploitation sexuelle de religieuses par des prélats, mais aussi, de façon plus insidieuse, la lente mais inéluctable désertion de nos églises et de nos cathédrales autrement que par les touristes.

J’ose l’impensable  et Notre Dame nous le dit de la plus brutale des façons : l’Eglise, en reléguant la moitié de l’humanité au rang de subalterne, s’est mis en danger de disparaître. L’Eglise catholique, en se confondant avec un cléricalisme masculin signe sa fin.

Le temps de la reconstruction va venir très vite et le Président de la République s’y est engagé. Un incroyable élan de solidarité lié au génie des artisans du 21 ème siècle,  permettront à nos enfants, à nos petits enfants dans quelques années, de fouler à nouveau  le sol de Notre Dame et d’en admirer les trésors immémoriaux et sans nul doute,  de modernes.

Mais que sera notre Eglise dans 10 ou 20 ans si elle ne se rebâtit pas de fond en comble, avec le plus simple des moyens, celui de faire sa place, toute sa place aux femmes. La place qui est la sienne parmi les fidèles, depuis longtemps majoritaire, doit être la même dans l’architecture de son organisation. 

Réinventer l’Eglise avec nos dames, c’est rebâtir Notre Dame.

 

 

 

Commentaires

Auteur du commentaire: 
anne marie

LA MARIE DE FRANCE QUERE

Auteur du commentaire: 
Frédérique Zahnd

Voulez-vous dire " queer" ????