Déclaration des 10 ans de la Jupe: "Nous choisissons tout!"

Auteur.e: 
Comité de la Jupe
Date: 
06/12/2018

 

 « Nous choisissons tout ! » 

Il y a dix ans, le Comité de la Jupe était créé, vaillant petit caillou dans les pantoufles pourpres d’une institution ecclésiale masculine et masculiniste. 

Depuis 2008, qu’a-t-il été fait pour mieux associer les femmes à son organisation interne ? Aux synodes ? Aux paroisses ? Á la distribution des sacrements ? Quasiment rien. D’accès à la prêtrise, au diaconat, à la tenue d’homélies, il n’est toujours pas question. La commission d’étude pour le diaconat féminin s’enlise, et les quelques nominations dans des conseils épiscopaux ou dans les dicastères romains, sont le plus souvent consultatives. 

Certes, l’institution a beau flatter « la femme », elle ne voit pas que ce sont « les » femmes qui assurent la continuité de la maison Église, sans jamais décider de ce qui les concerne. 

Certes, elle a beau encenser le prétendu « génie féminin» qui ferait des femmes des « sentinelles de l’invisible », elle les maintient dans l’invisibilité. Parlant à leur place, elle les instrumentalise dans des rôles de mères et d’épouses, prétendant imposer à 50 % de l’humanité des conceptions nées sous d’autres siècles. 

Devant cette injustice, ce gaspillage, ce déni de citoyenneté, le Comité de la jupe ne peut que vigoureusement protester. 

Il ne peut que souligner l’actualité des propos méprisants du cardinal André Vingt-Trois qui avaient entraîné sa création, en novembre 2008 : « Il ne suffit pas d’avoir une jupe, encore faut-il avoir quelque chose dans la tête ». 

Il ne peut que déplorer l’absence persistante de femmes car elle a tragiquement contribué aux scandales actuels : une gouvernance défaillante, des abus sexuels sur mineurs non dénoncés, un cléricalisme contraire aux Évangiles et générateur d’un entre-soi qui favorise l’impunité, une formation des séminaristes plus idéologique qu’humaine, etc. 

Cette journée d’anniversaire est l’occasion de rassembler ceux et celles qui ne supportent plus  cette gabegie humaine. Le Comité de la Jupe s’engage à continuer, par la parole et par l’action, son combat pour la justice. 

Thérèse de Lisieux voulait « tout », en un siècle où les femmes étaient peu de chose. Nous aussi nous « choisissons  tout » : être paroissiennes et théologiennes, catéchistes et diacres consacrées, ministres de la transmission de tous les sacrements, de la proclamation de l’Évangile et de l'homélie, servantes de messe et cardinales, donc… papesses. Les femmes ne sont pas des catholiques à moitié. Elles refusent toute discrimination liée au sexe et veulent être traitées selon leurs charismes, pour qu’enfin cette Église - la leur - soit fidèle aux Évangiles.