Les femmes sont fatiguées d'attendre

Comité de la Jupe
13/08/2018
Marcheurs

En 2016, un groupe de femmes ont eu l’idée de marcher, depuis  Saint Gall en Suisse, jusqu’à Rome, afin de défendre la cause des femmes dans l’Église. A l’occasion du passage du pape François à Genève, en juin 2018, l’une d’elle renouvelle les demandes alors adressées au pape.

 

A l’occasion de la venue du pape François, les pèlerins qui étaient allés à Rome en 2016 lui écrivent à nouveau. Ils rêvent d’une Eglise qui accorde aux femmes plus de responsabilités.

Cher pape François,
Habemus papam – Habemus Fe- minas!  (Nous  avons  un pape,nous avons des femmes). Il y a cinq ans, votre arrivée sur le balcon a suscité les cris de joie de la foule réunie sur la place Saint-Pierre et réjoui le cœur des chrétiens du monde  entier.

La simplicité de votre présence et la générosité de vos premiers mots, à l’image de saint François d’Assise, ont touché nos sensibilités et marqué déjà votre amour pour le monde. De-puis, vous avez insufflé dans l’Eglise un esprit nouveau, redonnant le goût de l’Evangile par vos diverses intentions et votre ouverture à l’égard des démunis.

Aujourd’hui, un groupe de théologien-nes, de théologiens et de laïcs souhaite vous interpeller sur le rôle de la femme dans l’Eglise. Il y a deux ans, il a parcouru près de 1200 km à pied de Saint-Gall à Rome; il était accompagné, pour de plus petites étapes, de plus de 1600 personnes. A l’arrivée, ils étaient plus de 500 à vivre l’émotion de l’accueil à Rome. Ces femmes et ces hommes vous ont remis, le 2 juillet 2016, une lettre toute simple, mais aux conséquences importantes puisqu’elles concernent plus de la moitié des catholiques, les femmes. Elles souhaitent apporter à l’Eglise leur contribution et leurs charismes pour une Eglise avec les femmes.

PARTICIPER AUX DÉCISIONS

Que demandions-nous? «Nous souhaitons simplement lancer un signe, avons-nous écrit. Nous exprimons le souhait qu’à l’avenir, les hommes ne réfléchissent plus et ne prennent plus de décisions sans les femmes quant à leur position, leur rôle et leur fonction au sein de l’Eglise d’une part; au sujet des problèmes de l’Eglise en général d’autre part.». En 1957 déjà, le 3e Congrès mondial pour l’apostolat des laïcs votait une résolution signi-ficative: «Convaincu que la place réservée à la femme dans l’Eglise est due à des facteurs sociaux et culturels et que l’évolution de la condition féminine s’oriente vers une parfaite égalité des droits entre les hommes et les femmes, le Congrès exprime le vœu que soient reconnus à la femme tous les droits et les responsabilités des chrétiens au sein de l’Eglise catholique».

Pourquoi le magistère reprend-il toujours un message négatif quant au rôle de la femme dans l’Eglise au lieu de rechercher avec les femmes de nouveaux chemins dans un dialogue constructif afin que ces dernières puissent participer paritairement aux réflexions et décisions de l’Eglise?

PARLER AVEC LES FEMMES

En Suisse, il a fallu du temps pour que les femmes obtiennent le droit de vote. L’Eglise serait-elle le seul bastion qui n’accorde pas des droits égaux aux femmes? A Genève, nous serons des milliers d’hommes et de femmes à nous sentir unis dans une même foi; pourtant, les femmes doivent s’encourager à poursuivre leur chemin en se sentant étrangères dans notre Eglise parce qu’insuffisamment intégrées dans les organismes responsables, ne participant pas aux processus de décision. Les femmes sont fatiguées d’attendre. «Combien de temps encore l’Eglise pourra-t-elle continuer de parler de nous au lieu de parler avec nous?», s’interroge Sœur Teresina, présidente de l’Union internationale des supérieures générales.

A vous, Père, nous confions nos convictions et nos interrogations, mais aussi nos observations et notre gratitude pour de nombreuses réalités déjà intégrées. Nous savons que vous portez le souci de la participation des femmes dans divers organes de la Curie, que vous ouvrez des portes à de nouveaux modèles d’engagement.

AU SERVICE DE L’ÉVANGILE

«Nous vous prions également d’insuffler dans les Eglises locales les encouragements et les directives qui s’imposent», avons-nous écrit. Nous souhaitons que nos évêques, vos ambassadeurs et nos décideurs partagent votre souci pour que nous puissions construire avec vous, cher pape François, une Eglise vivante au service de l’Evangile, une Eglise où les charismes et les compétences des femmes et des hommes soient reconnus à part entière.

Nous vous remercions pour votre action bienfaisante et vous restons unis dans la prière.

Mariette Mumenthaler,

«Une Eglise avec les femmes»

 

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