La conférence des baptisé-e-s de France : pourquoi c'est une bonne idée

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Comité de la Jupe

anne soupa 2Une semaine après le 11 octobre, il nous paraît utile d'ouvrir le débat avec ceux qui ont marché avec nous
et aussi avec ceux qui se mettent "en marche" dans leur tête à l'annonce de cette création,
sur certaines des raisons profondes qui nous poussent.

Ne revenons que brièvement sur l'absence de participation actuelle des laïcs au gouvernement de l'Église, sauf pour rappeler que la place est vide depuis trop longtemps et que nombre de théologiens, d'ecclésiologues, de sociologues le soulignent en se demandant "jusqu'à quand" les laïcs seront absents des décisions de leur Église. La France est dans ce domaine en retard.
(N.B. : nous constituons actuellement une bibliographie précise à ce sujet et que nous mettrons en ligne tout prochainement)
.

Mais dans notre cheminement, nous ne nous sommes pas arrêté(e)s à cette hypothèse de représentation limitée aux laïcs. Nous avons vu qu'il y avait un danger de se raidir dans un face à face, de structurer des blocs dont les projets, parfois, pourraient diverger. En regard de ces risques, le fondement baptismal nous est apparu d'une bien plus grande et intense fécondité. Il donne au projet une vigueur stupéfiante : une ouverture à tous ! Une vraie image du peuple de Dieu ! Il a de quoi vraiment exprimer une communauté toute entière.

C'est une idée fort ancienne, ancrée dans l'Ancien Testament, que de ne pas instituer de hiérarchie au sein du peuple. La fameuse "Assemblée du désert" le rassemblait tout entier. Reconnaissons-le, ce peuple était celui des hommes, selon le modèle des sociétés patriarcales anciennes. Mais faisons crédit à la Bible du fait que, si elle avait été écrite en 2009, elle aurait inclus les femmes dans son assemblée. Constatons simplement ici qu'il n'y avait ni monopole sacerdotal, ni pondération des votes par un quelconque statut social. Les nombreuses récriminations du peuple envers Moïse prouvent bien que la parole n'était pas bridée!

Mais c'est aussi une idée très moderne, parce qu'elle est fondée sur la dignité de tous, formellement reconnue au canon 208, menant à l'égalité réelle entre les membres. La règle de la parité entre les hommes et les femmes y ajoute une touche presque "ultra moderne" qui mettrait notre Église en pointe, et ferait même des envieux, car nombre d'institutions, du fait de leur ancienneté, peinent à l'établir. Parité dont il faut remarquer avec un peu d’humour qu'elle serait surtout destinée à protéger…. les hommes, en nombre bien moindre que les femmes dans l'Église. Gageons, d'ailleurs, que cette parité sera un jour inutile.

Le résultat est que pourront collaborer, dans cette conférence, laïcs et clercs de toutes sortes. Il faut se souvenir qu'après le concile, en 1966, la conférence épiscopale de France avait envisagé de créer un conseil national du clergé, à compétence uniquement consultative. Mais, devant le peu d'enthousiasme des évêques, le projet avorta dès 1970, suscitant alors le départ de plus de cent prêtres. L'idée de solliciter la parole des prêtres n'est donc pas nouvelle et il est évident que leur parole est non seulement nécessaire, mais indispensable à toute l'Église, car ils sont des acteurs privilégiés, tout proches de la communauté chrétienne.

J'aborde maintenant sans fard quelques objections entendues.

La première est que le titre sonne fort et pourrait faire dire à certains que l'histoire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf est en train de se rejouer. Notre réponse est simple : la Conférence tout juste naissante n'est qu'un toit, une maison vide, il faut la meubler et l'habiter. Soit la conférence suscite de l'intérêt et elle devient vite une expression crédible de l'ensemble des catholiques. Soit l'heure n'est pas venue, ou bien les forces manquent, ou toute autre raison intervient, et il faudra jeter l'éponge. Mais quel péché contre l'espérance que de tuer dans l'œuf quelque chose qui demande à grandir! Ne ferait-il pas bon, dans notre Église, d'oser simplement susciter du nouveau, du vivant? Ce serait dommage que notre foi ne fasse pas bon ménage avec un peu d'audace!

La seconde concerne le titre de "baptisé-e-s". Certains se drapent dans une dignité soi disant offensée parce que nous parlerions au nom de tous. Notre réponse est double : comment reprocher son absence de représentativité à une institution qui s'annonce en état de constitution? S nommer "la conférence des baptisé-e-s" n'est pas une démarche totalitaire. Il existe une "Action catholique des femmes". Je n'en fais pas partie… et après? Je ne me sens pas privée de mon statut de femme catholique pour autant.

Maintenant place à une intuition que nous chérissons

Une fois ces compléments donnés, laissons place à une intuition que nous chérissons : cette création peut être un ferment nouveau d'unité. Ce n'est un secret pour personne que l'Église de France est aujourd'hui traversée de multiples tensions : entre clercs et laïcs, entre Rome et la conférence épiscopale, entre hommes et femmes, entre la génération Vatican II et la génération post JMJ, hélas aussi entre évêques eux-mêmes. Ces tensions sont douloureuses pour tous. Ces forces antagonistes favorisent l'immobilisme, lequel suscite à son tour deux attitudes : le départ de fidèles découragés, c'est-à-dire le délitement du corps ecclésial, ou la colère, suivie de la dépression, lorsque le constat d'impuissance s'installe. Nous y sommes. Il n'est donc pas faux de dire aujourd'hui, tant le climat est mauvais, tant les manœuvres défensives sont fortes, tant le manque de paroles est criant, que de puissantes forces de mort assaillent l'Église. Le cœur de l'institution, disons le corps épiscopal, cœur aussi des forces antagonistes, pris dans ces terribles tensions, n'a pas la tâche facile s'il veut bouger. Ne serait-il pas opportun que les initiatives partent d'"un peu à côté", là où la pression est moins forte, par exemple de ces laïcs engagés et, espérons-le, "à la bonne distance critique".

La Conférence des baptisé-e-s de France, si elle est vraiment le fruit d'une collaboration large, aurait cet incomparable avantage, non pas de "créer du lien" entre tous, ce qui est le souci des sociétés mondaines, mais de contribuer à la visibilité du Corps du Christ. C'est ce qui existe dans de nombreuses paroisses où le curé joue bien ce rôle de fédérateur, mais qui est déficient au niveau national. Parler, aborder ensemble les difficultés, regarder l'avenir en posant à plat les alternatives, et non en imposant une vision unique, serait l'assurance d'une solidarité fructueuse. A partir de ce lien nouveau, à partir aussi de la bonne volonté qui accompagne souvent les entreprises naissantes, des incompréhensions pourront être levées, des faux problèmes disparaître. Et on pourra, enfin, s'atteler aux vrais problèmes, le plus important étant, bien sûr, comme cela a été abondamment dit pendant la marche, l'annonce de l'Évangile dans le monde de demain.

Et "comme par magie", les critiques, lourdes, pesantes, qui pèsent sur l'institution, diminueront. Être acteur renforce la solidarité et fait oublier la critique. Car le mouvement canalise l'énergie auparavant mobilisée dans la critique, énergie de surcroît exacerbée par l'impossibilité d'être entendu. Les laïcs, tout comme les prêtres et les diacres, sont aujourd'hui tenus à l'écart des décisions. Les évêques, c'est bien connu, sont devant d'énormes difficultés. Ils demandent de l'aide, mais ni la structure de l'institution, ni la stratégie irréaliste actuelle du "tout clérical" ne permettent de résoudre le problème, car l'une et l'autre discréditent ceux qui pourraient aider, ces laïcs sans voix au chapitre, bons à donner de l'argent et des prêtres, mais sans modèle pour se penser en dehors d'un système clérical. Combien de fois entend-on cette critique trop cruelle, hypocrite même, faite aux laïcs, de "singer le clerc", alors qu'ils sont en réalité dépourvus de modèle alternatif clair et dynamisant. La conférence, par la représentation de laïcs en son sein, donnera une dignité à celui qui est laïc et l'aidera à se penser en dehors du modèle unique actuel.

Voici, rapidement résumées, quelques bonnes raisons "d'être pour", dans le débat que vous ne manquerez pas d'alimenter….

Anne Soupa

Commentaires

Je suis pleinement solidaire avec l'approche que vous présentez concernant les problèmes de l'Eglise actuelle et celle de France en particulier. Il me semble judicieux de solliciter autant d'adhésions que possible par le biais d'internet ou d'autres moyens. En effet nombreux me semble-t-il sont ceux et celles qui auraient voulu participer à la marche du 11 octobre et qui n'ont pu le faire pour de multiples raisons. Cela donnera plus de force à la marche et déjouera les critiques que c'est une démarche minoritaire. Il me semble qu'il est en effet urgent que les problèmes que les baptisés rencontrent dans leur pratique puissent être exprimés sans obstacle et sans rejet préablable. L'Esprit est à l'oeuvre et aidera à déterminer les initiatives ultérieures à prendre.

Extrait de la réunion des équipes liturgiques du 14 octobre "Le Père C, Prêtre modérateur de notre paroisse, présente le Missel Romain et ses dernières recommandations en précisant le rôle de la Messe dans la vie du Chrétien et la participation de ce dernier à la liturgie : participation plénière du corps et de l’esprit. Le Missel affirme en préambule un élément essentiel : l’Eucharistie est une action du Christ. Nous ne sommes donc pas « propriétaires » de la liturgie, mais elle nous est donnée. Un débat s’en suivit sur différents thèmes : texte profane en cours de messe, implication des femmes dans la célébration, déroulement de la liturgie… Nous pouvons retenir : - qu’un texte profane écrit distribué en fin de messe permet une méditation personnelle, mais qu’il ne trouve pas sa place pendant la Messe comme quelque chose d’ajouté. - que le silence fait partie de la liturgie, - que la communion distribuée par les hommes est une tradition d’Eglise, ce qui ne déprécie en aucun cas la vocation féminine. Par ailleurs, hors de l’Eucharistie, il est parfaitement souhaitable que la communion soit portée aux malades, et nous savons à quel point le dévouement féminin s’exerce dans cette mission. - que les chants de messe sont (sauf les chants de l’ordinaire, Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus) des chants de procession : entrée, offertoire, communion, envoi, - qu’après chaque lecture, nous rappelons qu’il s’agit de la « Parole du Seigneur » - que les 3 oraisons, la collecte après Kyrie-Gloria, la prière sur les offrandes après le lavement des mains, et la prière post-communion, s’écoutent debout, - que si nous disons le « je confesse à Dieu… », le kyrie qui suit est simple : Seigneur prends pitié (3 fois) - que la prière universelle se lit du côté de l’ambon des lectures saintes (précision apportée par le Missel de 2002), - que les annonces se font après la prière universelle (choix que nous avons fait pour notre Relais), - que la quête se fait après les annonces. Je remercie le Père C qui par sa réflexion nous a confortés dans ce service d’Eglise que nous remplissons à travers notre mission d’animation de la liturgie." Les MAJUSCULES P rêtre M odérateur M issel R omain M esse P arole ne sont-elles pas déjà une hiérarchie ? Le dévouement féminin n'est-il pas un susucre ? J'ajoute que dans ce relais l'évêque a nommé un laïc, l'auteur du C ompte R endu, pour aller, avec une lettre de mission, ouvrir et lui seul, le tabernacle pour les hosties de réserve...."afin qu'il n'y ait pas rupture dans la continuité"...quelle continuité ? Courage, je m'engage à vos côtés comme femme formée, engagée et ...inégalitairement traitée !

Quand Anne s'écrie : "Mais quel péché contre l’espérance que de tuer dans l’œuf quelque chose qui demande à grandir!", je pense au principe de Gamaliel: "Si c'est des hommes que vient leur résolution ou leur entreprise, elle disparaîtra d'elle-même ; si c'est de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. N'allez pas risquer de vous trouver en guerre avec Dieu !" (Actes 5, 34-39)

Ce commentaire est plus en forme de réflexion, de contribution a l’élaboration du projet. Je suis peut etre completement a cote de la plaque :) La conférence a-t-elle vocation d'être un forum de représentation et de prise de parole (lobby) auprès de Rome et de ses représentants? Le problème de ce dialogue ouvert avec l'institution est qu'il concentre votre énergie sur de "l'interne", sur du temporel, alors que le besoin auquel vous essayer de répondre est celui de "l'annonce de l'évangile dans le monde de demain", un projet tourne majoritairement vers l'extérieur de l'église. Ceci est bien évidemment l'urgence. C'est vers l'extérieur que les forces vives de l'église doivent être concentrées. A quoi va servir se travail épuisant de dialogue avec cette institution sclérosée et moralisante? Les messages qu’elle envoie sont en grande parti des messages de peur et de repli sur soi. Elle n’entend pas, elle n’est plus entendue. Le besoin me parait plus dans la mise en œuvre sur le terrain d'une vraie égalité au service de l’évangélisation. Au niveau des paroisses, je suis sur que la majorité des curées qui sont souvent plus en phase avec la réalité que leur hiérarchie, accueilleraient avec enthousiasme une aide. Pourquoi ne pas organises des comités au niveau des paroisses? En les aidants avec une réflexion, des documents liturgiques disponibles en ligne, un éclairage sur ce qui est possible. De fait l'élaboration de groupes de laïques organises qui porteraient la parole de l'évangile, un vrai message d’amour et de charité sans jugement moralisant. Il y a une telle demande! Ceci doit se faire dans la plus grande transparence possible bien entendu. Cela a été la stratégie des milieux conservateurs catho et ils ont été entendus. Construisons des comités dans chaque paroisse et dans 15-20 ans, la est la lenteur de la structure, ils deviendront le modèle de référence car ils rempliront a nouveau l’Église. Amicalement :)

Je me sens en pleine communion (c'est le cas de le dire...) avec tout ce que vous avancez ici. Nouveau converti (je ne suis catholique que depuis 6 ans, et baptisé depuis 5 ans), je ressens moi aussi, parfois, le découragement dont vous parlez. Je souhaite apporter mon soutien à l'œuvre que vous êtes en train d'initier et que j'ai découverte dans le journal Le Monde, mais vous ne donnez pas beaucoup de pistes concrètes... Concrètement, qu'est, et que doit devenir, cette "maison vide qu'il s'agit de remplir" ? Une association ? Un courant au sein de l'Eglise ? Une série de débats ? Je pense qu'il est urgent d'agir. Merci de nous y aider.

C'&tait quasiment le seul point qui m'avait convaincu dans l'intervention de Laurent Villemin : s'intituler la conférence des baptisé(e)s n'est pas une bonne idée ; bien d’autres baptisé(e)s ont une conception différente de la nôtre ! Je vois cependant que je suis très isolé et que le comité de la jupe veut traiter non seulement de la place des femmes dans l’Eglise Catholique mais de la modernisation de l’église en général. Je crains que ce vaste sujet déjà abordé au XVIème siècle par Luther, Calvin et autres "protestants" ne fasse passer le thème des femmes dans l'église catho à la trappe. Je me retire donc en ma paroisse où je vais essayer d'oeuvrer modestement à ce que davantage d'hommes travaillent et davantage de femmes dirigent. Amen

Encore un message pour actualiser celui que je vous avait déjà laissé... Sur le site de Golias, je trouve cette citation : "Le premier chantier que nous ouvrons est celui de la représentativité. Et donc nous lançons un appel à ceux qui le souhaitent pour qu’ils nous rejoignent dans une instance constituante. Pour ce faire nous réunirons dès que possible des états généraux. […] Ce soir, ce 11 octobre 2009, en cette place St Sulpice de Paris, d’où partit au 17e siècle un nouvel élan missionnaire, tous ensemble, nous sommes la première expression de la Conférence des Baptisés de France." Pour ma part, comme je l'ai déjà dit, je soutiens pleinement votre démarche. Mais quelle sera la forme précise et concrète de cette "instance constituante" ? Comment les non-parisiens pourront-ils y participer ? Les Etats généraux dont vous parlez n'auraient-ils pas intérêt, justement pas souci de représentativité, à se porter sur Internet, par exemple sur un forum ? Pardon d'insister, mais je trouve votre démarche tellement porteuse d'espoir que je ne peux pas m'empêcher d'en demander plus...

@Meneldil Oui, bien sûr, et sans doute est-ce une si grande évidence pour nous que nous n'avons pas songé à le dire. C'est bien sûr principalement par internet que nous avons l'intention de procéder. À ce propos, allez lire l'intéressante communication de jean-Michel Di Falco, lors des Assises de la Communication. Christine pour le Comité et la CBF en train de naître.

De l'Autorité, non du pouvoir! Il est symptomatique, que ce débat ecclésial, se situe sur le thème du ‘pouvoir…Il indique qu’il est encore réservé à certains qui se plaignent, bien sûr, qu’on puisse le leur contester… Quand l’Evangile parle d’autorité, elle la situe dans l’esprit du ‘maitre spirituel’ ( homme ou femme, peu importe …), et non dans une institution … Ne serait-il pas bon, aujourd’hui, de situer l’autorité spirituelle dans la personnalité de « maitres », qui ont en charge la transmission d’un enseignement ‘traditionnel’. La communauté religieuse, elle , se devant avant tout d’aider- des individus à réaliser une expérience personnelle libératrice ; elle s’organise pour libérer le maitre spirituel de ‘ l’intendance ‘… Le maître est le pivot de la transmission spirituelle et la véritable autorité religieuse. Que le prêtre soit donc assez sage pour abandonner le pouvoir de l’organisation … ! Le chrétien subit s’il est dans une institution impersonnelle, froide, bureaucratique qui incarne l’autorité. En présence de l’autorité du maitre spirituel, il est dans une relation personnelle, affective, chaleureuse . Le chrétien attend d’être guidé par un quelqu’un qui a parcouru lui même le chemin et en connaît tous les pièges… Il aspire à recevoir les modalités d’une expérience transformante, et peut être déçu s’il ne reçoit que du dogme, du rituel et de la norme. Symboliquement, il serait bon que l’autorité spirituelle ( qui n’a pas de sexe), soit représentée par un pouvoir ecclésial et sacramentel … le plus semblable possible …

Jean-Michel, je ne suis pas entièrement d'accord avec vous. Bien sûr qu'il faut diriger nos forces en partie vers l'extérieur ; bien sûr qu'il ne faut pas dépenser toute notre énergie dans un dialogue avec la hiérarchie et l'institution. Mais ce dialogue n'en est pas moins nécessaire. Si nous ne l'amorçons pas, un grand nombre de catholiques risque de nous accuser d'entrer en rébellion plus ou moins ouverte contre Rome. Je suis d'accord avec vous pour dire que nous avons peu de chances d'être entendus, car effectivement la hiérarchie épiscopale, et surtout la hiérarchie vaticane, est de plus en plus sourde aux appels et aux messages de la masse des fidèles et de l'extérieur de l'Eglise. Cela dit, malgré ces faibles chances d'aboutir, le dialogue doit être engagé, pour qu'on ne puisse pas nous reprocher ensuite de ne pas avoir tout tenté pour faire les choses dans les règles, et en toute transparence. "Il est certaines choses qu'il est préférable d'entreprendre que de refuser, même si l'issue doit en être funeste." Et si les traditionalistes ont effectivement mené un travail local dans les paroisses, leur propre hiérarchie n'a jamais pleinement rompu le dialogue avec Rome. C'est cette double action qui a permis leur succès.

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